Pellegrue

Trois châteaux ou maisons fortes

Une bastide de hauteur

Le mouvement de création des bastides en Entre-deux-Mers, a dû s’adapter à des agglomérations déjà présentes auxquelles il a été insufflé un nouvel élan. Contrairement aux bastides « bâties à neuf », telles Créon, Monségur, Sainte-Foy-la-Grande, celles de Pellegrue, Blasimon, Cadillac et Libourne ont été construites à l’emplacement ou à proximité de bourgs plus ou moins importants et déjà constitués.

Pellegrue est située sur une éminence, un peu en retrait au-dessus d’un affluent de la rive droite de la Durèze, le Vallon.

Les origines de la bastide : une agglomération préexistante

Un château (castrum), attesté la première fois en 1242, a suscité le développement d’un habitat ancien bien antérieur à la bastide comme en témoigne l’église paroissiale Saint-André, édifiée sur des vestiges archéologiques gallo-romains et mérovingiens, récemment découverts.

Des documents témoignent de l’existence d’un centre paroissial en 1082 « rattaché à cette date au prieuré de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur ». Le bourg s’est développé autour de l’église et du château aujourd’hui disparu, sur un site aux marches de l’Agenais.

Une fondation du roi d’Angleterre

En 1272, un tiers de la justice du lieu est donné par le seigneur Raymond de Pellegrue au roi d’Angleterre, Henri III, afin qu’une bastide y soit établie, au nord de l’ancien bourg castral, ce qui est fait en 1274, comme le confirme le contrat de paréage.

Une dizaine d’années plus tard (1283), Edouard Ier, fils d’Henri III, accorde une charte des coutumes aux habitants de Pellegrue.

A gauche :  Eglise Saint-André, façade occidentale – Pellegrue

Des origines à aujourd’hui
influence protestante, chef-lieu de canton dynamique

Un plan marqué par l’histoire

La juxtaposition du bourg castral et de la bastide montre une certaine irrégularité dans l’organisation spatiale et le parcellaire et un tracé des voies quelque peu hésitant.

L’extension a adopté un système orthogonal traditionnel avec une place entourée de bâtiments dont l’Hôtel de Ville.

Un axe principal tangente l’ancien castrum et un réseau de voies secondaires a permis la création d’îlots réguliers contrastant avec l’agencement des premières habitations du lieu. Réputée pour avoir été une « ville très forte » selon L. Drouyn, elle a perdu depuis longtemps ses remparts.

Un succès qui perdure

Dès sa fondation, Pellegrue est devenue une localité importante. En 1289, y siège un bailli (ou prévôt) représentant de l’autorité ducale, puis royale, après la défaite des Anglais à Castillon.

La cité, lors de la guerre de Cent Ans a subi un siège mémorable (1345), les Anglais voulant prendre la bastide occupée par les Français. C’est aussi un foyer huguenot dès le début de la Réforme : le temple protestant bâti en 1559 a été détruit en 1685.

C’est une cité dynamique dès les origines, avec ses foires annuelles (porcs et bestiaux) et son antique marché hebdomadaire du mercredi, maintenu encore de nos jours

De beaux monuments anciens

Au milieu de la place, trône une belle halle de fonte et de verre du début du XXe siècle, restaurée en 1989, réplique miniature de la halle de Monségur.

Elle a remplacé une vieille halle en bois du XVIIIsiècle. En face, se trouve la mairie, bel immeuble du XVIIIe siècle (surmonté de son original petit beffroi) construite sur les vestiges d’une maison médiévale.

Sur la place, les premières maisons, à pans de bois, ont possédé des couverts, et ont été remplacées par des constructions en pierre, qui ne présentent plus ces arcades, caractéristiques des bastides…

L’eau et les jardins

Les puits, fontaines et lavoirs

La présence de rivières, sources ou nappes phréatiques, a été l’un des éléments déterminants dans le choix de l’emplacement des bastides, pour faciliter la circulation des biens et des personnes et pour assurer la vie quotidienne de leurs habitants. Divers types de puits y sont présents.

Les cadastres font mention de puits publics sur la place centrale (Blasimon, Cadillac, Libourne, Monségur, Pellegrue…). A Sainte-Foy-la-Grande, ils sont compris dans le périmètre de l’îlot, ce qui semble indiquer une utilisation semi-collective.

D’autres puits semi-publics existent toujours à Monségur et Sauveterre-de-Guyenne. La majorité des puits sont privés. Les fontaines et lavoirs, généralement regroupés, sont situés en dehors de la bastide.

Des jardins en bastides

A proximité immédiate des zones bâties de la bastide, chaque habitant a disposé « d’une terre d’un lopin à destination de jardin et au-delà d’une « terre » en libre culture, d’une superficie « d’un journal » (autant de terrain qu’une paire de boeufs pourra labourer en un jour) et parfois d’une terre à vigne (selon la charte de Monségur).

Sauveterre-de- Guyenne, Blasimon… ont toujours ces merveilleux petits jardins regorgeant de légumes et de fl urs, délimités par des murs en pierre…

Pellegrue, ses puits, son lavoir

Sur le cadastre actuel, figurent l’emplacement d’une dizaine de puits, tous différents les uns des autres, dont certains sont anciens. Le puits a été public.

D’autres sont positionnés dans des parcelles privées. L’un est dit « gavache », car couvert. Le lavoir du Touran, en contrebas de la bastide, construit au XVIIe siècle, est précédé en amont d’une fontaine.

Les pèlerins de la voie de Vézelay y ont fait halte, ils le font encore lors de leur pérégrination.

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