Libourne

La bastide du confluent

Libourne, bastide fluviale

Installée entre deux « mers », l’Isle et la Dordogne, Libourne s’étend sur un site de confl uence et de carrefour, qui a valu à la ville sa prospérité.

Cette bastide portuaire, qui s’est imposée face aux bourgs rivaux de Fronsac, Saint-Émilion et Vayres a levé pour l’administration anglaise octrois et péages sur les marchandises circulant sur le fleuve.

Le Livre Velu XVe siècle – Crucifixion et texte du serment que devait prononcer chaque nouveau maire devant l’assemblée de la Cité. Médiathèque Condorcet-Libourne.

Un site depuis longtemps occupé

La bourgade gallo-romaine de Condate et le bourg de Fozera existent avant la fondation de la bastide.

En 1270, Edouard, fils d’Henri III, roi d’Angleterre charge son intendant, Roger de Leyburn (1220- 1271), sénéchal de Guyenne, de procéder à la création en ces lieux d’une bastide.

Celle-ci venant se greffer sur le bourg préexistant porte le nom de Leyburnia, découlant du nom de son fondateur, avant de devenir par la suite Libourne

A droite : Plan du Début du XVIIIe siècle | Archive Départementales de la Gironde

Le Livre Velu et les origines

Le Livre Velu qui tire son nom d’une couverture en peau de veau ayant conservé ses poils, est une source de premier plan retraçant l’histoire de Libourne au Moyen Age.

Ce cartulaire municipal, établi en 1476, regroupe des copies des chartes octroyées à Libourne par les rois d’Angleterre, ducs de Guyenne. Rédigé en latin et en gascon, il définit le mode d’élection des 12 jurats et la désignation du maire.

On y trouve aussi les coutumes de Bordeaux sur lesquelles est fondé le droit en usage de la région.

Des origines à aujourd’hui |une notoriété jamais démentie

Un plan très développé

La ville neuve s’organise suivant un plan orthogonal, à côté du quartier de Fozera. A l’intersection des axes principaux, se trouve la place centrale, à vocation commerciale, entourés de couverts ou « arceaux ».

Une halle et le pilori en occupent le centre. L’Hôtel de Ville, empreinte du pouvoir laïque, donne sur la place ; l’église Saint-Thomas, symbolisant le pouvoir religieux est en retrait. Les parcelles sont identiques et les façades d’égale largeur. La cité, prise et détruite par les troupes françaises en 1294 reprend son essor et se dote d’un rempart achevé en 1325.

Une ville opulente dès sa création

Enserrée dans ses remparts, percés de 6 portes côté rivières et de 3 autres côté terre, elle se développe sur 32 hectares dont la moitié est vouée à l’agriculture. Après la guerre de Cent Ans, la ville compte plus de 530 habitations, un splendide Hôtel de Ville, reconstruit à la fin du XVe siècle, deux églises, un couvent de Cordeliers et deux hôpitaux.

Dès le XVIIe siècle, les constructions débordent les murs de la ville ; des « travaux d’embellissement » sont entrepris sur l’emplacement des fossés et une verrerie moderne s’installe en 1749 près de la porte de Guîtres. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la richesse générée par le commerce du vin permet la construction d’immeubles de grande qualité.

A gauche : porte sous les couverts (XVIIsiècle) |  A droite : fontaine du XIXe siècle – Blasimon

L’essor des XIXe et XXe siècles

La ville prospère au XIXe siècle : Libourne construit sa gare de chemin de fer, répare les cales du port et jette deux ponts par-dessus ses rivières. C’est aujourd’hui une sous-préfecture dynamique.

Libourne doit sa notoriété à des personnages illustres, parmi lesquels on trouve le duc de Cazes, ministre de Louis XVIII, J. Steeg, pasteur et homme politique ou le peintre R. Princeteau. C’est la ville natale du photographe E. Atget et des juriste L. Duguy et J. Carbonnier.

Des ports |une activité intense aujourd’hui révolue

Bastides de rivières et ports fluviaux

Trois bastides, Cadillac, Libourne et Sainte-Foy-la-Grande, situées sur des « rivières » ont tiré avantage de leur situation géographique favorable et sont devenues des ports fluviaux actifs et prospères.

A Cadillac, le port sur la Garonne, sensible aux marées jusqu’à Langon, établi au pied du château, doit sa fortune au commerce de ses vins et à sa position au débouché des riches campagnes de la Benauge.

A Sainte-Foy-la-Grande, le port sur la Dordogne est fréquenté par les marchands expédiant les vins vers Libourne.

Infrastructures portuaires

Elles ont été surtout aménagées aux XVIIIe et XIXe siècles : cales et quais construits en pierre à Cadillac, Libourne et Sainte-Foy. Différents types d’embarcations fréquentent ces ports : gabarres et couraux sur la Dordogne, le Drot et la Garonne, navires de haute mer à Libourne.

Divers métiers y sont présents : tonneliers (barricaïres) et charpentiers de marine, ateliers de corderies et de voileries sis à Sainte-Foy-la-Grande et à Libourne, qui fournissent les accessoires nécessaires à la navigation fluviale et maritime.

A droite : Libourne, vue depuis le tertre de Fronsac, dessin à la plume d’Herman Van der Hem, vers 1640 © cliché Bibliothèque nationale de France

Libourne, port maritime au fond de l’estuaire de la Gironde

Depuis les hautes vallées de l’Isle et de la Dordogne, le port reçoit les cargaisons des marchandises acheminées par gabarres. Des navires de haute mer les réexpédient vers Londres ou le Pays de Galles.

Chaque année, des tonneaux de vin du Libournais et de Bergerac rejoignent les îles britanniques. Libourne est aussi un « grenier à sel » grâce au privilège accordé par Edouard III : les bateaux apportant le sel de Vendée ou de Saintonge, ne doivent accoster qu’à Libourne, quai des Salinières.

La défaite de Castillon met un terme au commerce avec l’Angleterre. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’activité du port de Libourne renaît : les cargaisons de vins rejoignent la Hollande, la Suède et l’Angleterre.

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