Créon

À la croisée des chemins

Les premiers temps de la fondation

En 1315, Amaury III de Craon (qui a donné son nom à Créon), sénéchal de Guyenne pour le roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, Edouard II, crée la bastide, au carrefour de chemins conduisant de Bordeaux à la Sauve-Majeure et de Libourne à Langoiran, au milieu des forêts.

La charte de fondation du 1er juin 1315, est confirmée par deux documents émanant de la cour ducale de Bordeaux et du cabinet du roi à Westminster, tous deux datés de 1316.

Cadastre napoléonien, Archives départementales de la Gironde

Cadastre napoléonien, plan d’assemblage. Archives municipales-Créon

Une entité administrative

La charte de coutumes issue de l’administration anglaise, précise les libertés et les devoirs des bourgeois de la cité : facultés commerciales, privilèges, droits de justice, délégations administratives… Créon, siège de la Grande Prévôté Royale d’Entre-deux-Mers a autorité sur 48 paroisses.

Un bailli, des sergents, un juge de tribunal et un bourreau s’y trouvent.

Un site vierge de constructions

Deux rues parallèles nord-sud se croisant avec deux rues parallèles est-ouest délimitent la place. Celleci s’inscrit dans un périmètre circulaire du fait du non remplissage des îlots dans les angles.

Sur trois côtés de la place sont présentes des maisons à arcades. Le quatrième correspondant à l’artère principale bordée d’immeubles de rapport au XIXe siècle.

Inscription dédicatoire, ancienne Prévôté 1549-Mairie de Créon

Des origines à aujourd’hui | un succès durable

Une croissance rapide dès sa fondation

Créon s’est vite affirmée, par l’essor de sa population, de ses foires et marchés et par ses fonctions politiques, aux dépens de l’ancien bourg abbatial de La Sauve-Majeure. Pillée et incendiée en 1338, elle s’est dotée ensuite de portes en pierres et de palissades, dont il ne reste rien.

Une promenade autour de la ville par le circuit du chemin de ronde permet d’apprécier l’étendue de l’enceinte dessinée vers 1342. Après la défaite des Anglais en 1453, les rois de France ont confirmé sa vocation administrative ; puis elle prospère économiquement, grâce son marché à bestiaux, proche de Bordeaux.

Une belle parure monumentale

La place carrée, dépourvue de sa halle détruite en 1872, est bordée d’arcades sur trois côtés ; le dernier a été réaligné au XIXe siècle. La mairie actuelle est construite à l’emplacement du siège de la Prévôté royale d’Entre-deux-Mers – celui-ci bâti en 1549 a été détruit en 1906-.

Sur la place, se trouve une maison du XVIIe siècle avec quatre grandes arcades en plein cintre retombant sur des piles rectangulaires. L’étage est percé de deux baies décorées de bossage chanfreiné.

Puis au n°20, de belles arcades du XVIe siècle retombent sur des piles circulaires aux bases polygonales.

Au 2, rue Jean Baspeyras, une vieille demeure (XVIe siècle) évoque la Renaissance.

A gauche : Maison du XVIIe siècle |  A droite : Fontaine Wallace, patio de l’espace culturel, rue du Dr Fauché

www.tourisme-creonnais.fr

Créon chef-lieu de canton

Créon devint chef-lieu de canton à la Révolution.

Aujourd’hui, elle est l’une des rares communes de Gironde qui célèbre encore chaque année le dernier dimanche d’août, grâce au legs Bertal, sa rosière, jeune fille élue et fêtée pour ses vertus et mérites.

Elle porte encore haut les couleurs de l’époque anglaise, avec le léopard qui domine du haut du clocher le marché du mercredi matin.

La piste cyclable Roger Lapébie, établie sur l’ancienne voie de chemin de fer de Bordeaux à Eymet participe à sa renommée.

La 100e de la Fête de la Rosière – Créon

Cyclistes devant l’ancienne gare, piste cyclable Roger Lapébie

Créon en Bastide | Des églises

L’église, lieu de culte aux usages variés

L’église est érigée à proximité du centre économique et politique (Créon, Monségur, Sainte-Foy-la-Grande, Sauveterre-de-Guyenne). Cadillac et Libourne possèdent chacune une église antérieure à la fondation de la bastide.

Ce lieu de culte spacieux, conçu une population nombreuse, peut recevoir les assemblées électives de la communauté et devenir un lieu de refuge occasionnel pendant les guerres.

Parfois, les précieuses archives y sont déposées et son clocher peut servir de tour de guet.

Notre-Dame de Créon : un sanctuaire remarquable

L’édifice actuel date de la fin du XVe siècle et du XVIsiècle, époque à laquelle Créon rayonne sur l’Entredeux- Mers. Une nef unique de cinq travées, voûtée d’ogives, accostée de deux chapelles latérales, donne à l’est sur une abside pentagonale du XVIe siècle, éclairée de fenêtres fl amboyantes.

Un portail en accolade du XVIe siècle est logé sous un clocher-porche du XVIIe siècle. L’église, entièrement restaurée au XIXe siècle, recèle une statue de Vierge à l’Enfant du XIIIe siècle.

L’oeuvre est un intéressant témoignage de la production artistique locale du XIIIe siècle, inspiré par les maîtres sculpteurs de la cathédrale de Reims.

Vue du chevet et de la nef, église de Créon

Clocher-porche, église de Créon

De simples chartes ou projet de contrat de paréage

Créon, Pellegrue, Sainte-Foy-la-Grande et Sauveterre-de-Guyenne ont conservé leurs chartes de fondation et leurs chartes de coutumes.

Dans les archives de Sainte-Foy-la-Grande figure une belle charte de Louis XII (1498) contenant les privilèges de la cité confirmés en 1520 par François Ier, en 1548 et 1552 par Henri II, en 1560 par François II.

Pour Blasimon, un émouvant projet de contrat de paréage, établi sur une minute de deux feuilles de papier cousues, a été retrouvé dans le trésor des chartes d’Albret.

L’église : un plan original

Notre-Dame de Monségur (fin XIIIe siècle/début XVsiècle), de style gothique méridional caractéristique, en est un exemple.

Une sobre nef rectangulaire est flanquée de chapelles latérales. Le plan, oblong représente l’équivalent de six lots à bâtir.

Ses chapelles latérales ont conservé leur aspect médiéval.

A Sauveterre-de-Guyenne, l’église située dans l’îlot à l’angle nord-ouest de la place, construite dès la fondation de la bastide, est gothique et conserve son chevet du XIIIe siècle, à pans coupés et contreforts saillants.

Ces deux églises ont été restaurées et embellies au XIXe siècle.

Vierge à l’Enfant, XIIIe siècle, église de Créon

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