La Bastide de Cadillac

Un site fluvial déjà occupé

La bastide s’est installée au confl uent de la Garonne et du petit ruisseau de l’Euille, voie de pénétration naturelle vers le plateau de l’Entre-deux-Mers.

La ville neuve est sise sur la paroisse de Saint-Jean de Cadillac dont le territoire est déjà densément peuplé. Le port de Garonne est établi au pied du château de seigneurs de Cadillac.

Cadastre napoléonien, Archives Départementales de la Gironde

Les origines de la fondation. Une fondation anglaise

Le roi Henri III d’Angleterre, duc d’Aquitaine, cède en 1266 à son sénéchal, Jean de Grailly, d’origine savoyarde et fidèle du roi Edouard 1er, la vicomté de Benauge.

Le sénéchal procède en mai 1280 à la création d’une ville neuve et octroie une charte de coutumes aux futurs habitants.

Un plan rigoureux

La bastide, comme bon nombre des villes neuves de cette époque, possède un plan régulier.

Les rues se coupent à angles droits. Les lots consistent en parcelles de 4 cannes de largeur sur 12 de profondeur, soit à peu près 4 m sur 12 environ.

Au centre du dispositif, on trouve une place bordée de maisons dont les arcades ont disparu, où se tient le marché du samedi. L’hôtel de ville, qui trône au milieu de la place, est construit sur des arcades. Il a servi également de halle.

La cité est d’abord entourée de fossés et de palissades.

Sceau de cire, lettre patente de Louis XVIII, 1816 Archives municipales - Cadillac
Charte du XVe siècle, Archives municipales - Cadillac
la halle, Place de la Ve République - Cadillac

Des origines à aujourd’hui | une belle continuité

 

Une cité préservée

La ville a conservé l’aspect qu’elle a eu dès sa fondation. La ville est enserrée dans une enceinte de forme triangulaire. Deux des quatre portes monumentales sont conservées.

La place de Cadillac ne présente plus de caractères architecturaux de l’époque médiévale. Les maisons les plus anciennes qui l’entourent remontent aux XVIe et XVIIe siècles.

Quatre des galeries ouvertes se trouvant au rez-de-chaussée de ces maisons sont conservées, avec leur façade du XVIIIe siècle, l’une des plus belles date du XVIe siècle. Les côtés de la place ont été alignés au XIXe siècle

L’incontournable château

L’organisation spatiale de la bastide a été bousculée par la présence du château médiéval, tronquant un tiers de la superficie de la ville neuve et désorganisant sa place.

Jean-Louis de Nogaret de la Valette, duc d’Epernon, a détruit, à la fi n du XVIe siècle, le vieux château féodal pour édifier un somptueux palais, remarquable par ses glacis fortifiés et ses salles d’apparat ornées de cheminées de marbre.

Dans les combles, on peut encore voir les cellules de la maison de détention pour femmes, établie au château entre 1822 et 1952.

Le château, façade côté jardin - Cadillac
Le Château, dessin de H. Van der Hem -1639 © cliché Bibliothèque Nationale de France

Une vie intense

Le port de Cadillac, « filleule» de Bordeaux « dès 1375 », doit sa fortune au commerce de ses vins, et à sa position, au débouché même des campagnes de la Benauges dont elle a écoulé les produits.

Autour de la place à arcades, coiffée par sa halle mairie du XIXe siècle, se tient le très animé marché du samedi matin où produits du terroir et crus du beau vignoble ont la part belle.

A Cadillac une vie culturelle intense anime aussi bien le château que la bastide même

Fortifications, murailles et portes

Des constructions tardives

Les fortifications sont très rarement contemporaines de la fondation de la bastide. La lenteur dans la construction s’explique par le coût de tels ouvrages et le peu d’empressement des seigneurs à y contribuer.

L’enceinte de la bastide, à ses débuts n’est qu’une palissade (Monségur). Sa réalisation en pierre est l’occasion d’une convention entre l’autorité souveraine et les habitants de la bastide.

Cadillac n’est dotée de ses remparts qu’en 1315, Créon après 1338, Libourne fortifiée à partir de 1289, mais il faut attendre plus de 76 ans pour que la ville soit totalement ceinte.

Cadillac-Les remparts

Détruites car inutiles

Les fortifications des bastides ont disparu, détruites à la Révolution (Libourne) ou peu après englobées dans les propriétés privées. Sans utilité, on les abat inexorablement, sous la pression démographique, dans le courant du XIXe siècle (Sainte-Foy-la-Grande).

Certaines bastides ont conservé leurs murailles : (Monségur, Cadillac), d’autres n’ont conservé que leurs portes fortifiées.

A Sauveterre-de-Guyenne, les portes qui donnaient accès à la cité à ses quatre points cardinaux existent toujours. A Libourne, la porte du Grand Port (XIVe siècle) est la seule rescapée des 7 portes de la cité.

Cadillac, le bel exemple

A Cadillac, les remparts de ville percés d’archères et construits en partie en pierre de lest et bel appareil de parement, ainsi que deux des quatre portes subsistent encore. L’ensemble formait une enceinte triangulaire défendue par des tours rondes toujours visibles.

La Porte de la Mer (XIVe siècle), remarquable, est percée d’une arcature ogivale et équipée d’un assommoir, d’archères en batterie, de mâchicoulis et de créneaux menaçants.

Le passage, ou guet (carruet), partiellement conservé, derrière l’enceinte fortifi ée, est destiné à la circulation des soldats autour de la ville et à l’accès aux archères.

Cadillac-Archère en croix pattée
Cadillac-Archère sous une arcade jouxtant la porte de la Mer

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