Blasimon

L’ultime bastide

Une bastide de hauteur

Située sur un éperon, en contrebas duquel se trouve le confl uent de la Gamage et du ruisseau de Cassac, la bastide vient remplacer un ancien bourg castral.

Le territoire appartient alors à l’abbaye de Blasimon, qui dispose de la seigneurie banale étendue à plusieurs paroisses et à ce titre possède un château (castrum) attesté pour la première fois en 1255 et aujourd’hui à peu près totalement disparu.

La dernière fondation

La création de Blasimon se situe à la fi n du grand mouvement de fondation des bastides en Entredeux-Mers, qui avait commencé 70 ans plus tôt avec l’établissement de Sainte-Foy-la-Grande en 1255 et qui clôt cette remarquable entreprise d’urbanisation des campagnes.

< Château de Blazimont – L.Drouyn, eau-forte -1862 – Blasimon

Les origines de la bastide : un site déjà occupé

La bastide est issue d’un projet de contrat de paréage conçu entre 1317 et 1322, entre l’abbé Martin de Blasimon et le sénéchal du roi d’Angleterre Edouard II.

Les motivations pour sa création sont essentiellement politiques et administratives, réglant un litige entre l’abbé et le roi-duc sur les droits de juridiction des habitants du castrum.

Cadastre Napoléonien Archives Départementales de la Gironde >

Des origines à aujourd’hui | la bastide inachevée

Un élan interrompu

Pour dynamiser un habitat déjà existant, on a prévu l’établissement de mille lots cadastrés en vue de l’arrivée de nouveaux habitants.

Le lotissement n’a pas eu le succès escompté : sur les lots prévus, seuls soixante-dix sont encore visibles sur le cadastre de 1829. On évoque plusieurs raisons à cet échec : le caractère tardif de la fondation, le manque de territoire qui n’a pas créé de richesses, l’isolement par rapport aux chemins et voies naturelles ainsi que la proximité de sites urbains concurrents, Sauveterre-de-Guyenne notamment.

Un plan régulier malgré tout

La place conserve une partie de ses couverts des XIVe et XVe siècles, qui à l’origine, ont reposé sur des piliers de bois.

Une halle est encore disposée en son centre au début du XIXe siècle. Les rues se croisent à angle droit et les maisons sur la place, établies sur des parcelles en lots identiques de 7 mètres sur 25, ont les dimensions de celles de Sauveterre-de- Guyenne.

L. Drouyn, en 1856, remarque l’absence de fortifications et conclue que la bastide est restée inachevée. Une antique chapelle Saint-Jean, reconstruite au XIXe siècle près du château, n’a jamais supplanté dans ses fonctions paroissiales l’église abbatiale.

A gauche : porte sous les couverts (XVIIsiècle) |  A droite : fontaine du XIXe siècle – Blasimon

De beaux restes architecturaux

Sur la place, figure en bonne place la mairie, belle construction classique avec ses arcades, sa porte du XVIIe siècle et ses lucarnes passantes à aileron. Une pompe métallique du XIXe siècle marque l’emplacement de l’ancien puits public, près duquel se trouvait une croix.

Les ruelles, avec une disposition régulière des maisons, avec sur l’arrière des murets en pierres sèches dessinant des clôtures de jardins, ont gardé leur charme d’antan.

Quelques détails architecturaux, rue Papon, (fenêtre trilobée du XIIIe siècle) et rue du Vivier et rue de Cassac (fenêtres moulurées Renaissance) attestent l’ancienneté des maisons.

Chartes de fondation et contrats de paréage

Des recueils ou cartulaires

Libourne et Monségur ont conservé leur « livre fondateur ». Le Livre Velu (Libourne) contient notamment la liste de serments (en gascon) que les membres de la commune de Libourne doivent prêter au roi ou à son représentant, les serments de ces derniers envers la cité et ceux des corporations (bouchers, orfèvres, vendeurs de sel).

Dans l’Esclapot (Monségur) figurent les statuts de la jurade. Ils évoquent la vie quotidienne de la bastide fondée sur une économie agropastorale : souci des jurats à l’égard des récoltes, de la moralité et de la sécurité des habitants.

S’y ajoutent droits de cens et péages, interdiction de traverser les jardins, de faire sécher les peaux, de fréquenter les « femmes putains », obligation de rentrer les troupeaux tous les soirs, de fermer les portes de la ville…

Des documents exceptionnels

Les archives anglaises, notamment les Rôles Gascons, les archives communales des bastides, les Archives Départementales et Nationales conservent ces documents fondateurs, contrats de paréage et  charte de coutumes ou de franchises.

L’étude de ces sources historiques de grande valeur, permet de retracer et de faire revivre l’histoire quotidienne de ces villes neuves, d’en comprendre l’évolution dans le temps.

L’esclapot Charte de1265 – Archives municipales de Monségur

De simples chartes ou projet de contrat de paréage

Créon, Pellegrue, Sainte-Foy-la-Grande et Sauveterre-de-Guyenne ont conservé leurs chartes de fondation et leurs chartes de coutumes.

Dans les archives de Sainte-Foy-la-Grande figure une belle charte de Louis XII (1498) contenant les privilèges de la cité confirmés en 1520 par François Ier, en 1548 et 1552 par Henri II, en 1560 par François II.

Pour Blasimon, un émouvant projet de contrat de paréage, établi sur une minute de deux feuilles de papier cousues, a été retrouvé dans le trésor des chartes d’Albret.

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